Renart et Chantecler

Publié le : 06/06/2019 09:25:30
Catégories : Contes et histoires , Le roman de Renart , Les contes classiques

Jean le fermier avait une belle ferme. Ce qu’il préfère dans sa ferme c’est sa basse-cour : ses belles poules, ses oies et son coq. Un très beau coq grand avec de belles plumes ! Et ce coq chantait si bien qu’on l’avait appelé Chantecler, chante clair.

Renart et basse-cour

Mais Jean avait très peur du renard qui mange les poules alors il avait construit une belle barrière tout autour de la basse-cour pour protéger ses poules, ses oies et son coq.

Et justement notre ami renard rusé passait par là. Et il avait faim, très faim comme toujours ! Il sait bien que dans cette ferme il y a de bonne poules à manger et il les entend « Cot, cot, cot, cot, cot ! » Il est tout heureux ! Il va pouvoir passer à table ! 

Mais Renart tourne autour de la barrière et ne sait pas par où passer : pas de trou, tous les arbres sont solides. Il cherche, il cherche et … ouf il a trouvé un trou ! Un tout petit, un peu haut, ce n’est pas facile pour passer mais il voit derrière les bonnes poules, toutes grosses, toutes bonnes à manger !

Poules

Alors Renart saute par le tout petit trou mais en passant il fait craquer les branches des arbres. Les poules ont très peur elles se sauvent en caquetant « cot cot cot cot cot ! »

Chantecler est le maitre de la basse-cour et il n’aime pas du tout le bazar dans son poulailler 

- Mais pourquoi ce tintamarre ? Pourquoi autant de bruit ? Calmez-vous !

- Ah Chantecler ! On a vu les branches des arbres là-bas bouger, je suis sure qu’un animal y est caché

- Que tu es peureuse : les branches ne bougent pas du tout ! Ce n’est rien !

- Ce n’est rien, ce n’est rien. Pas du tout, j’ai même vu quelque chose d’orange entre les branches ! Peut-être que ce serait un renard

- Ma petite, tu t’inventes une histoire, un renard maintenant ! C’est n’importe quoi !

- Moi je sais ce que j’ai vu ! Tu ne me crois pas très bien mais je suis sûre de moi ! Je ne veux plus aller là-bas !

- Très bien, ne va pas là-bas mais arrête de raconter n’importe quoi !

- D’accord mais toi aussi tu ferais mieux d’éviter ce coin-là !

Et les poules partent picorer de leur côté pendant que Chantecler notre coq part lui vers le coin où les poules ont vu bouger les branches, le coin où se cache Renart. Et Chantecler s’installe juste à côté des arbres … pour faire une bonne sieste … L’imprudent !

Renart lui attend. Il sait qu’il a fait peur aux poules, elles ne vont pas revenir mais le coq qui est juste là le met en appétit ! Il le mangerait bien ce coq ! Chantecler s’endort, il ferme un œil. Alors Renart courre vers lui mais trop tôt … Chantecler l’a entendu, il ouvre les yeux et s’écarte !

Alors, Renart décide de ruser …

- Bonjour, cher cousin !

- Quoi ? Nous ne sommes pas cousin, nous ne sommes même pas de la même famille !

- Mais si, cher cousin, le filleul de mon grand-oncle s’était marié avec la nièce de la cousine de ton arrière grand-mère !

- Euh … bon si tu le dis !

- Rappelles-moi cher cousin quel est ton nom ?

- Chantecler

- Chantecler tu dis ? Ah, c’est que tu dois très bien chanter non ?

- Tout à fait, tous le disent mon chant est magnifique !

Et Chantecler tout fier pousse un grand cocorico

- Ah ! Oui c’est bien. Mais d’ailleurs, ton père n’était-il pas Chanteclin, le fantastique chanteur ?

- Oui, oui, Chanteclin était mon père et lui aussi était très connu pour son chant magnifique !

Et Chantecler pousse à nouveau un grand cocorico

- J’ai très bien connu ton père. Quel beau chant il avait ! Je crois qu’il chantait mieux que toi. On l’entendait de très très loin tu sais !

- Tu es le premier à me dire que je ne chante pas assez fort !

- Désolé je ne voulais pas te fâcher mais je me rappelle très bien le chant de ton papa et le tien est vraiment moins puissant, il est moins fort

Chantecler n’est pas content du tout

- Tu exagères quand même !

- Je ne voulais pas te fâcher comme celà. J’ai une idée, peux-tu réessayer de chanter mais cette fois en fermant les yeux. C’est connu quand on ferme les yeux on chante beaucoup plus fort 

Et Chantecler est tellement faché qu’il ne réfléchit pas. Il ferme les yeux pour lancer le plus puissant cocorico possible. Mais il n’a pas eu le temps de chanter. Il venait tout juste de fermer les yeux que Renart se jette sur lui, l’attrape par le cou et l’emporte à travers la barrière !

Les poules ont vu le renard. Et elles caquettent et elles claquettent « Cot, cot, cot, cot ! On lui avait bien dit ! » « Cot, cot, cot. Et il ne nous a pas cru ! Cot, cot, cot ! »

Jean le fermier sort « Pourquoi les poules font autant de bruits ? », il voit tout de suite que le coq a disparu alors il lâche son chien qui courre derrière Renart qui emporte Chantecler !

Chantecler est perdu, Renart est bien trop devant. 

- Mais Monsieur le renard c’est le moment de se moquer du fermier et de son chien comme vous avez l’habitude, vous êtes loin devant jamais ils ne vont vous rattraper !

Et Renart sans réfléchir ouvre la bouche pour se moquer. Mais Chantecler dès qu’il sent les dents du renard s’ouvrir, agite les ailes très vite pour aller se poser sur une branche d’arbre. Et sur sa branche d’arbre, le coq est sauvé, Renart ne peut plus l’attraper !

Renart est fort fâché et il a faim :

- Maudite soit cette bouche qui s’ouvre alors qu’elle devait rester fermer

Et Chantecler est bien d’accord avec lui:

- Maudits soit ces yeux qui se ferment alors qu’ils devaient rester ouvert

Et comme le chien arrive, Renart s’enfuit … le ventre toujours vide !

Histoire librement adaptée du Roman de Renart par Annikina

Sur les illustrations d'Alice de Page

Il est possible de remplacer le "maudit soit" de la fin de l'histoire par un "J'en ai assez" qui parlera un peu plus aux enfants. Nous n'avons pas souhaité le remplacer car même s'ils le comprennent moins les enfants aiment beaucoup l'intonation de ce maudit ...

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