Les musiciens de la ville de Brême

Publié le : 27/01/2019 09:17:19
Catégories : Contes et histoires , Grimm , Les contes classiques

Les musiciens de la ville est histoire malicieuse qui aborde la question de la vieillesse parfois difficile tout en restant plein d'humour, içi ce sont les animaux qui se font vieux et sont rejetés par leurs maîtres.

Ce conte s'amuse aussi des interprétations parfois surprenantes que nous pouvons avoir sous le coup de la peur.

Pour une fois que ce sont des adultes qui rencontrent des monstres ... les enfants sont ravis !

Ecrit d'après le conte collecté par les frères Grimm

Il était une fois un âne vieux et fatigué. Il avait travaillé durement toute sa vie pour son maître. Maintenant, qu’il était vieux et faible, le fermier ne savait plus quoi faire de lui et ne voulait plus payer sa nourriture. Il décida de le donner au cantonnier. L’âne en fut bien triste lui qui jamais n’avait ménagé sa peine pour son maître, il décida alors de partir. « Je vais me rendre à la ville Brême. J’aime chanter, j’ai de la voix, je me ferais musicien là-bas ou chanteur ! ».

Et, il prit le chemin de Brême. A quelque temps de là il rencontra un chien gémissant sur le chemin :

Que t’arrive-t-il ?

Mon maître que j’ai servi toute ma vie m’a frappé durement ! Je me fais vieux et j’ai laissé échapper un lièvre qui courrait bien trop vite pour moi ! Mon maître en a été fort faché mais de là à me frapper ! Alors je me suis enfui ! Mais que vais-je devenir, tout seul dans la forêt, même plus capable de me nourrir !

Quel sort cruel ! Mais pourquoi ne viendrais-tu pas avec moi ? Je pars vers la ville de Brême pour y devenir musicien ou bien chanteur. Allons-y ensemble !

Les deux compères partirent. Un peu plus loin sur une branche ils rencontrèrent un chat tout ébouriffé.

Que se passe-t-il ? Tu n’as pas l’air d’aller fort ?

Ah ! La vie est dure quand même. Me voilà sur mes vieux jours bien incapable d’attraper la moindre souris alors ma maitresse s’est décidée à me noyer. Heureusement j’ai réussi à m’en sortir mais pour combien de temps ? Comment vais-je faire pour vivre ?

Viens donc avec nous, nous partons nous engager comme musiciens ou chanteurs à la ville de Brême. Tu pourras faire les chœurs avec tes miaulements ?

Les trois camarades continuèrent leur chemin de concert. Alors qu’ils passaient près d’une ferme, ils entendirent des « Cocorico ! Cocorico ! » à n’en plus finir. Arrivés devant le coq ils lui demandèrent :

Que t’arrive-t-il ? Pourquoi chantes-tu autant et aussi fort ?

Ah ! Je menais une vie paisible à la tête de ma basse-cour or voilà que demain ma maitresse organise une grande fête avec beaucoup d’invités et je l’ai entendu dire à la cuisinière de me tordre le cou, de me plumer et de me préparer pour la fête ! Alors je chante tout le temps qu’il me reste à vivre !

Ah ça c’est dur ! Mais viens donc, nous partons créer un orchestre à la ville de Brême, un chanteur comme toi y trouvera sa place ! Quels beaux concerts nous pourrons organiser !

Et les quatre amis de continuer leur chemin. La ville de Brême était encore loin. Bientôt la nuit tomba et chacun s’installa comme il put dans la forêt pour dormir un peu : l’âne et le chien couchés à même le sol, le chat allongé sur la branche basse d’un arbre, quant au coq il choisit la cime d’un arbre. Arrivé tout en haut, il aperçut une lumière au loin. 

Et les amis, là-bas au loin, il y a une chaumière toute éclairée. Pourquoi ne pas y aller pour dormir à l’abri ?

Bonne idée ! Le sol se fait dur et il fait froid et nous sommes bien vieux pour dormir à la belle étoile

Les quatre compagnons partirent vers la lumière. La maison était un repère de brigands, ils s’apprêtaient justement à faire la fête devant une table bien remplie. Les 4 animaux arrivés là-bas, s’approchèrent de la fenêtre : le coq sur le chat, le chat sur le chien et le chien sur l’âne. Tout à la joie de voir une maison bien chauffée et un bon repas ils décidèrent de faire un petit concert en l’honneur de leurs futurs hotes « Hihan ! Cocorico ! Miaaaou ! Ouaff ! » une vraie cacophonie !

En entendant ces cris, les brigands crurent qu’un monstre féroce les attaquait et sans plus réfléchir ils s’enfuirent à toutes jambes dans la forêt.

Nos quatre compères étaient très contents d’eux. Ils s’installèrent à table et fêtèrent dignement leur premier concert ensemble. Un grand succès les attendait, pour sûr, à la ville de Brême !

Après avoir bien mangé, chacun s’installa confortablement pour passer la nuit. L’âne choisit un coin d’herbe tendre à l’extérieur, le chien se coucha derrière la porte, le chat au coin de la cheminée et le coq perché sur une poutre de la maison. Les lumières furent éteintes et il n’y eut plus un bruit dans la maison.

A l’extérieur, caché au loin derrière un buisson, les brigands se concertaient, ils regrettaient un peu de s’être enfuis sans même avoir essayé de se battre. Voyant la lumière éteinte, ils décidèrent d’envoyer l’un d’entre eux en éclaireur dans la maison abandonnée.

Entrant dans la chaumière, le brigand s’approcha de la cheminée pour allumer une bougie, le chat se jeta alors sur lui et le griffa sauvagement au visage, le coq réveillé en sursaut criait « Cocorico ! Cocorico ! », le brigand affolait chercha à s’enfuir mais en passant la porte, le chien le mordit dans le mollet à pleines dents. C’est alors que parvenant dans la cour, l’âne le projeta dans les airs par une belle ruade. Le voleur s’enfuit le plus vite possible vers les autres brigands et arrivait tout essoufflé il expliqua : « Il y a dans la maison une affreuse sorcière aux yeux brillants, elle m’a lacéré le visage de ses doigts crochus, l’un de ses compagnons m’a alors planté un couteau dans les jambes, un autre dans la cour m’a assené un coup de marteau tout ça pendant que leur maître à tous criait du haut du toit ‘Coupez le maraud ! coupez le maraud !’. Alors j’ai couru le plus vite possible et j’en tremble encore ! ».

Les voleurs n’osèrent plus jamais revenir dans cette maison hantée et s’enfuir au loin. Quant à nos musiciens, bien installés, ils restèrent là et coulèrent tranquillement des jours heureux. Quant à la ville de Brême, elle ne put jamais gouter au plaisir d’entendre un concert de nos musiciens, pour son plus grand malheur bien sur …

© Les Elfes de Tialy

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