Loup vegan ?!??

Publié le : 27/10/2018 12:36:17
Catégories : Contes et histoires , Les contes classiques , Les contes revisités

Le conte des 3 petits cochons revisité.

Texte d'Annick Fontaine Rousseau

Illustrations de Sebastien Pelon

Il était une fois 3 jeunes petits cochons que nous connaissons fort bien. Et oui ! Ce sont bien les héros du conte des 3 petits cochons. Voilà déjà quelque temps qu’ils habitent tous les trois dans leurs jolies maisons. Le loup étant parti pour ne plus revenir, ils ont tous ensemble reconstruit la chaumière de paille et la cabane de bois.

Un soir après une belle journée d’automne ils partirent se coucher. Et qu’arriva-t-il cette nuit-là ? Un autre loup apparut …

C’était un vieux loup gris, fatigué et mécontent. Voilà déjà 3 jours qu’il n’avait pas mangé. Les autres animaux courraient trop vite pour lui … Impossible de les attraper !

Quand il vit les trois petites maisons de nos amis, le loup respira pour savoir qui c’était. Quand il sentit l’odeur du petit cochon, l’eau lui vint à la bouche. Des petits cochons c’était quand même plus facile à attraper et plus tendre que des sangliers … !

Il trouva d’abord la petite chaumière de paille. Le loup frappa à la porte, une voix ensommeillée lui répondit :

  • Qui est là ?
  • C’est moi le loup, ouvre ! »

Le petit cochon se dit « Oh non ! Pas encore !!! » Regrettant presque de ne pas être resté bien à l’abri dans la maison de briques de son frère. Il connaissait déjà la suite alors en se préparant à sortir bien vite il cria :

  • Non, non Monsieur le loup je ne vous ouvrirais pas ! »

Le loup affamé, lui dit tonnant : « Si tu ne m’ouvres tout de suite, je vais souffler et souffler et ta maison s’envolera ! »

Alors le loup souffla, souffla très fort et la chaumière s’envola ! Et le petit cochon courut à toutes jambes chez son frère dans sa cabane de bois. Mais le loup ne le suivit pas tout de suite, il était pris d’une énorme quinte de toux : « Keuh ! Keuh !, Teuh ! Teuh ! … »

Le petit cochon frappa très fort à la porte réveillant son frère en sursaut. Dès que la porte fut ouverte il attrapa son frère par la manche et ils coururent tout de suite chez leur frère dans la maison de briques où ils se mirent à l’abri. Ils regardèrent bien le loup par la fenêtre, il avait l’air bien mal en point.

Le loup mis beaucoup de temps à reprendre son souffle, il aurait dû s’arrêter là, se reposer mais il avait vraiment très faim ! Alors quand la toux fut calmée, il partit lentement vers la maison de pierre, là où il avait vu les deux petits cochons s’enfuirent.

Il frappa à la porte et sans attendre aucune réponse tonna : « Si vous ne m’ouvrez pas tout de suite, je vais souffler et souffler et votre maison s’écroulera ! »

Alors le loup souffla et souffla très fort mais la maison ne trembla même pas ! Et le loup lui trembla beaucoup toussant à nouveau très fort. « Keuh ! Keuh !, Teuh ! Teuh ! … ». Alors quand il le put, le loup à nouveau souffla, souffla très fort et souffla encore plus fort et d’un coup s’écroula. Allongé par terre il ne bougeait plus.

Les 3 petits cochons regardaient, attendaient mais le loup ne bougeait pas. Ils discutèrent : était-ce une ruse du loup pour que les cochons ouvrent la porte et qu’il puisse les dévorer ? Le loup était blessé, mort peut-être ?

Au bout de quelques minutes n’y tenant plus un des petits cochons se décida à sortir il attrapa une longue branche, ouvrit doucement la porte et depuis la porte de la maison toucha le loup avec sa branche mais pas de réactions.

Il fallait se rapprocher plus près mais les petits cochons n’osaient pas.

Finalement le petit cochon toujours avec sa branche à la main, s’approcha, s’approcha de plus en plus près jusqu’à toucher le loup, il le toucha et compris tout de suite, le loup était brulant de fièvre. Les petits cochons se concertèrent : ils ne pouvaient pas laisser le loup malade sans rien faire !

Ils le prirent à trois et le transportèrent jusqu’à la cabane de bois. Il fut installé dans le lit, sous une grosse couverture et les petits cochons lui apportèrent un petit peu d’eau. Le loup ouvrit alors les yeux, leur dit « Merciii » et « J’ai faim … très faim ! »

Les petits cochons étaient bien embêtés : comment nourrir le loup sans fournir eux-mêmes le plat principal ? Il y avait bien les moutons de Martin qui paissaient tranquillement au loin mais les petits cochons se voyaient mal attaquant le troupeau pour emporter un agneau ! Et pourtant, sans nourriture comment le loup pourrait-il aller mieux ?

Ils lui apportèrent quelques carottes et salades mais le loup n’arrivait pas à les manger, il lui fallait de la viande.

C’est alors que le 3ème petit cochon eut une bonne idée, il ne voulut rien dire à ses frères et partit pour la ville à toute vitesse. Il revint quelques heures plus tard et apportât ce qu’il avait acheté au loup.

Le loup n’y regarda pas trop, ça ressemblait à de la viande du coup il l’avala tout rond : « Merci c’était succulent ! J’avais vraiment très faim ! Il m’en faudrait encore ! »

Alors les trois petits cochons repartirent à la ville et achetèrent de grosses quantités de ce nouveau repas favori du loup.

Après plusieurs jours de ce régime le loup se sentit beaucoup mieux : plus de fièvre, des forces qui revenaient et la toux qui se calmait : « Merci ça va rudement mieux ! »

Mais, les petits cochons eux allaient de moins en moins bien. Pas qu’ils étaient malades, non, mais plutôt qu’il craignait un loup ayant reprise des forces. Ils finirent par lui dire :

  • Monsieur le loup, nous vous avons soigné, nous vous avons nourri promettez-vous de ne pas chercher à nous manger maintenant que vous allez mieux ?!?
  • Promis, répondit le loup, mais justement c’est quoi cette nourriture bizarre mais rudement bonne que vous m’avez servi ? Vous avez chassé quel animal ?
  • Euh … ce sont des steaks, répondit l’un
  • Euh … des steaks de soja, répondit l’autre
  • Euh … des légumes quoi ! », répondit le troisième, « C’est que les cochons ne savent pas chasser ! »

Le loup resta sans voix. Lui un grand loup gris avait été guéri avec des plantes ! Pire ! Il avait aimé ça ! ».

Le loup remis sur pied et plus du tout affamé grâce aux steacks de soja pris congé des 3 petits cochons les remerciant bien fort pour leurs soins et promettant de ne jamais revenir essayer de les croquer.

Il vécut encore longtemps mais l’histoire ne nous dit pas si le loup resta chasseur ou devint végétarien.

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